Bi 0904
L’Entraide
critique et éducation, sciences sociales
Parution : 1907 (15 mars)
Remarques et compléments sur la notice
Titre : L’Entr’aide : critique et éducation, sciences sociales
Slogans :
- « De chacun selon ses forces. À chacun selon ses besoins. »
- « Faisons des mœurs et ne faisons plus de lois. »
Noms au sommaire :
A. Atome, Boucher de Perthes, Dora*, Jean Grave, Édouard Haze, Loce [ou Love ?]*, Moris*, Paraf-Javal, Raoul Vogt
Chez Édouard Haze ; 42, rue d’Arras, Lille.
Introduction sur la « une ».
Aux lecteurs
« L’entraide » ! Un nouveau journal dont nous ne parlerions pas si l’on pouvait le juger d’après ce premier numéro ; mais nous débutons à quelques-uns dans une voie peu frayée et le concours de plusieurs, de beaucoup seraient nécessaires. C’est pourquoi, quelques indications sur le chemin que nous voulons parcourir ne seront point superflues.
Dans la société où nous subissons mille contraintes, qui pourraient être facilement évitées par une meilleure conception de la vie et des rapports entre hommes, en face des projets des sociétés mieux ordonnées, parce que les trois quarts des individus y seront occupés à tenir en lisières l’autre quart pour le guider à travers les embûches semées à plaisir sur son passage, un désir persiste : celui de s’écarter.
Chose impossible, disent certains ; l’homme ne peut vivre seul et comment constituer un organisme sain avec de la pourriture. Purifions ce vieux monde : vienne la Révolution. Ne fuyons pas la lutte. Et d’autres : Qu’est-ce que la vie ? Est-ce lutter contre des sociétés corrompues, qui achèvent de se détruire elles-mêmes par leurs contradictions, qui tomberont bien vite si l’on suit notre exemple : créer, chacun selon ses conceptions et son tempérament, des groupements où la vie plus libre serait débarrassée des contacts, préjugés et sottises de la société.
Mais, si d’une part, on ne peut échapper complètement aux contingences sociales, s’il est difficile de créer ces premiers noyaux d’un nouvel organisme, faut-il pour cela abandonner ces tentatives de régénération et se laisser à espérer… attendre de quelle force inconnue, de quel bouillonnement populaire, un changement de décor.
Si cette société est mauvaise, il faudrait qu’on fit autre chose que de la critique pour de la critique. Si cette société est mauvaise, cela doit être prétexte à autre chose qu’articles fulgurants, péroraisons superbes donnant à leurs auteurs notoriété dans le monde littéraire ou parlementaire, mais laissant intacte la cause de tant de phrases.
Nous qui pensons qu’à une transformation dans les cerveaux doit correspondre parallèlement une transformation pratique, nous nous proposons d’aider à cette transformation des idées chez l’enfant et chez l’homme : montrer comment la libre entente, le réciprocité, l’entraide sont suffisantes pour vivre et largement, étudier les différents groupements existants, recevoir, exposer leurs conceptions et leur tendance, publier tous les faits intéressant ce sujet, fournir des renseignements pratiques et techniques pour de telles organisations par l’intermédiaire de camarades, aider au développement de l’embryon de société nouvelle qui s’annonce vivace et le faire prospérer…, telle est la voie.
Aux camarades de faire que tout cela ne soit pas qu’un vain laïus.
La Rédaction.
Liens de localisation BnF : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb32767538v IISG Amsterdam : http://hdl.handle.net/10622/19F9D130-EFD4-4CEA-AAE4-2F87C6378074