En une du premier numéro ;
À nos amis !
Les différents groupes révolutionnaires du Centre après étude, ont décidé de faire paraître un organe hebdomadaire reconnu par eux indispensable à la propagation de leurs idées.
L*« INSURGÉ », dont voici le premier numéro, se donne comme tâche de réaliser l’entente entre tes révolutionnaires pour arriver à renverser, par tous les moyens, le régime politique et économique dont nous subissons le lourd fardeau.
C’cst par la cohésion, la persévérance et l’énergie que nous arriverons à obtenir ces résultats.
Nous faisons donc appel à tous ceux qui, reconnaissant la nocivité du parlementarisme veulent en dehors de cette tactique et par leur action directe, propager l’antipatriotisme, détruire les dogmes : PROPRIÉTÉ, ÉTAT, RELIGION ; combattre tous les préjugés moraux et sociaux enracinés si profondément dans le cerveau humain et travailler à l’avènement d’une société nouvelle, sans Dieu, ni Maître.
Qu’ils viennent à nous en toute confiance, ce journal sera mis à leur disposition, et ils pourront y clamer leurs souffrances, leurs cris de haine et leurs désirs.
Par l’ « INSURGÉ » se trouve réalisé l’espoir de tous les révolutionnaires du Centre, qui pourront, enfin, propager leurs idées dans toute la région et voir s’augmenter le nombre de leurs adeptes.
Voilai l’œuvre à laquelle s’attachera notre Journal, et nous avons la certitude que par l’union de toutes nos forces, Il arrivera à vaincre toutes les difficultés.
Courage donc, Camarades, et tous à l’œuvre.
LA RÉDACTION.
Un appel paru en une du n° 52 (12 mars 1911) :
Un an de combat
“L’Insurgé” doit vibre
Il y a juste un an qu’après une pénible gestation, le journal a vu le jour.
À ce moment-là, malgré la perspective de l’effort qu’il y avait à faire pour lui assurer la vie, les camarades de la région du centre n’ont pas hésité cependant, vu son utilité, à l’aider par tous les moyens.
En suivant le journal pendant son court trajet, comme nous l’avons fait, nous l’avons souvent vu en des situations fort précaires, se heurtant toujours à son ennemie déclarée : la question pécuniaire.
Franchassant, étapes sur étapes, il est arrivé à boucler son année, et malgré tous les obstacles, nous sommes parvenus à liquider une grosse partie de la somme due sur le matériel tout en faisant paraître régulièrement notre organe chaque semaine.
Depuis sa parution, il a été payé 1.025 fr. sur la machine, sans tenir compte des frais qu’entraîne sa composition qui, eux aussi, ont été liquidés en partie.
Que l’on juge après cela, de ce qui a été fait pour arriver à posséder une imprimerie dégagée de toute dette. Il est vrai que nous avions pour nous aider en notre tâche ardue l’enthousiasme que fait naitre toute œuvre nouvelle.
Aujourd’hui, la situation qui s’est sensiblement améliorée, si on la compare à celle du début, est restée fort critique.
Voici d’ailleurs sont exposé précis :
Nous avons encore deux échéances à solder sur le matériel : l’une de 100 francs au 20 avril, l’autre de 125 au 20 juillet.Nous avons, en outre, 150 francs de dettes que nous n’avons pu éviter.
C’est donc une somme de 375 francs qu’il nous faut absolument trouver pour nous liquider entièrement.
Eh ! bien, camarades, il s’agit de savoir si, nous qui n’avons pas craint il y a un an d’aller de l’avant, malgré la somme de 1250 francs qui était due, devons nous arrêter devant ce qui reste à faire, comme devant une chose impossible.
L’enthousiasme fait sans doute en défaut ? Ranimons-le, car devant le peu qu’il nous reste à faire, nous ne devons et nous ne pouvons reculer.
Il n’y a qu’à se rappeler combien notre organe est utile dans la région, compensant — malheureusement dans une trop faible mesure — l’effet produit sur les mentalités ouvrières par la presse bourgeoise.
Journal d’action et d’éducation, il aide trop à la diffusion de non idées
En maintes circonstances, dans nombre de grèves, Il a montré de quel secours appréciable Il pouvait être pour les ouvriers en lutte.
OUI, l’Insurgé doit vivre, et il serait douloureux d’être obligé de chercher une autre solution.
Il doit vivre, pour qu’il puisse comme dans son passé dénoncer toutes les vexations et les saloperies commises par les maîtres du jour envers les producteurs.
Il doit vivre pour enseigner au prolétariat ce qu’il est en droit d’exiger des patrons et gouvernants.
Il doit vivre pour ttansformer progressivement la mentalité de la masse et l’amener à être digne d’une vie meilleure.
Il doit enfin vivre pourqu’il puisse crier, en même temps que la haine que nous inspire les inévitables iniquités actuelles, les nobles aspirations du Prolétariat tout entier vers plus de bien-être et d’harmonie.
Il est donc impossible quetous ceux qu’intéresse notre journal, à quelque degré que ce soit, restent désormais indifférents. Ils doivent répondre à notre appel parde nouveaux efforts.
Tout d’abord, que tous les camarades dont les abonnements — soit d’un an, de six mois ou de trois mois — prennent fin avec ce numéro, les renouvellent au plus tôt.
Ensuite, qu’ils insistant auprès de leurs amis personnels pour faire de nouveaux abonnés car, malgré le nombre respectable d’abonmements, Il est insuffisant pour faire vivre le journal.
Or, la vente an numéro présente trop d’aléas et nécessite trop de frais pour que nous n’essayons pas d’engager tous ceux de nos copains qui l’achètent ainsi, de faire une avance, peu onéreuse poureux et profitable à l’Insurgé.
Les vendeurs non plus ne doivent pas oublier que la régularitédans leur règlement de compte nous est indispensable.
Comme vous le voyez, camarades, c’est de vous tous que nous attendons un concours précieux.
Que chacun de vous agisse dans la mesure de ses moyens et l’Insurgé ne disparaîtra pas.
L’INSURGÉ