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Le Réveil artésien

organe révolutionnaire



Remarques sur les fiches

Présentation dans le 1er numéro (27mars 1910) :

Camarades !
Le Réveil Artésien présente à ses lecteurs son salut révolutionnaire et sa foi.
Se basant sur les principes socialistes : l’abolition de la propriété individuelle et son remplacement par la propriété communiste ou collectiviste, le Réveil Artésien emploiera la méthode la plus avantageuse, c’est-à-dire qu’il propagera l’éducation rationnelle, l’antimilitarisme, l’antipatriotisme, le syndicaliste, l’antialcoolisme, la coopération, le néo-malthusianisme et l’antiparlementarisme.
Éducation rationnelle. — Il mettra à la disposition des enfants, pères de familles, instituteurs, institutrices, les ouvrages dépourvus de tout préjugé.
Antimilitarisme. — Il apprendra aux jeunes conscrits, aux réservistes, la méthode préconisée par l’ex-camarade Briand, se résumant en ce qui suit : « Un jour vous serez peut-être appelés à tirer sur vos frères de misère. Si vous avez de véritables sentiments humains, n’hésitez pas à diriger vos fusils du côté de ceux qui auront donné l’ordre de tirer ! »
Antipatriotisme. — Il s’inspirera de l’affirmation de Clemenceau en ce que les pauvres n’ont pas de patrie. Il sera antipatriotique, considérant que les prolétaires allemands, anglais ou autres sont exploités avec autant de férocité que nous. Il conseillera la crosse en l’air, si un jour les ouvriers étaient appelés à une boucherie internationale quelconque.
Syndicalisme. — Une tribune syndicale sera ouverte à tous les exploités. Sachant que le syndicalisme ne se suffit pas à lui-même et qu’il ne peut améliorer que temporairement le sort de l’exploité. le Réveil Artésien s’efforcera d’amener à ses conceptions socialistes les travailleurs que la Confédération Générale du Travail groupe pour s’emparer des moyens de production et d’échange.
Alcoolisme. — Il combattra l’alcoolisme qui est un effet de l’abrutissement et une cause de l’ignorance pour ceux qui furent des esclaves, puis des serfs, qui sont aujourd’hui des salariés, c’est-à-dire toujours des exploités.
Coopération. — Il invitera les producteurs à faire la coopération, principe nécessaire duquel la classe ouvrière retirera les bénéfices qui serviront à jeter les premières bases de la société future.
Néo-malthusianisme. — Il dira enfin aux travailleurs de faire comme les bourgeois, d’éviter les nombreuses familles, en leur indiquant les moyens préservatifs.
Antiparlementarisme. — Il dira au peuple de de faire ses affaires lui-même, de se débarrasser de cette confiance aveugle qui lui fait confier un mandat à un homme pouvant impunément le trahir, le bafouer sans contrôle. Il lui rappellera les opinions d’hommes qui furent utiles et qui se laissèrent gangréner par le milieu parlementaire, tel Jules Guesde, qui affirmait jadis « n’avoir rien à faire sur les banquettes du Palais Bourbon où il craignait d’attraper des hémorroïdes ! »
Ceux qui, de l’autre côté de la barricade, se trouvent en bonne compagnie avec les agioteurs des emprunts russes, des chemins de fer d’Éthiopie, des Messageries maritimes, du rachat de l’Ouest des concessions de l’Ouenza, sont les mêmes que l’on a rencontré et que l’on retrouve chaque jour dans toutes les ignominies, dans toutes les malpropretés, dans tous les scandales, depuis Panama jusqu’à la tête de turc [Daez ?], en passant par les affaires Humbert, Steinheil, Syveton, Rochette, Marix. Contre ces tripatouilleurs d’or, de décorations, contre ces rinceurs de cuvettes, suivis d’inconscients, de lâches, de brutes et d’alcooliques, contre tout ça, le Réveil Artésien s’insurgera.
Pour les chemineaux, les déshérités, les mendiants, les trimardeurs, les esclaves des bagues capitalistes, les intellectuels déserteurs d’un milieu pestiféré par les jouisseurs d’un régime immonde, pour ceux-là et avec eux, le Réveil artésien sera sur la brèche. L’étendard est déployé, ses larges plis flottent et abritent chaque jour davantage de révoltés. Les étiquettes multicolores sont fanées depuis que la République elle-même est frappée de paralysie en dépit des bains de sang de Draveil, de Chalon, de Raon-l’Étape, etc., ordonnés par les rebouteux du régime actuel.
Il faut que la masse compacte des prolétaires n’oublie pas tout cela. Il faut que les travailleurs ne se laissent plus leurrer par les politiciens de tout acabit, ne se laissent plus flatter par les entretenus de la bourgeoisie, ne se laissent plus voler par les capitalistes, ne se laissent plus empoisonner, massacrer par les exploiteurs.
Le Réveil Artésien luttera énergiquement avec l’espoir que les prolétaires conscients viendront à lui et l’aideront à provoquer la déchirure du grand voile roussi, usé jusqu’au dernier fil, et derrière lequel reste caché le spectre abominable et crapuleux qu’on appelle Capitalisme.
Voilà l’œuvre pour laquelle le Réveil Artésien est né.
Que vive et grandisse sa noble et généreuse conception.

Pseudonymes : R. Volté, Antipoliceman, A Baslarmé, Bonneff, Jeune cisaille, Robespierre, Joseph Lebon, …

D’après la BnF le dernier numéro [année II n° 61 ou 62 ?] est daté 13-20 mai 1911.

Notice Presse locale ancienne HdF :
Le Réveil artésien. Organe révolutionnaire

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