Bianco : presse anarchiste

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Le Plébéien

organe de combat pour l’émancipation des travailleurs


Présentation dans le 1er numéro (1er avril 1894) [1] :

À nos amis
 
En nous, lançant dans la vie, il nous est impossible de faire les frais d un affichage et d’une annonce en règle Pourtant, comme il est utile que la publication de notre organe soit connue le plus possible, ,nous avons fait imprimer des circulaires d’intérieur que nous tenons à la disposition de tous nos vendeurs et amis qui pourraient les placer dans un endroit apparent, café, cercle, aubette, etc.
 

Notre but

 
L’histoire nous apprend qu’il est inutile de parlementer avec ses oppresseurs. Les suppliants réclament en vain la justice, c’est aux révoltés à la prendre. Nous sommes donc des révoltés.
 
Nous luttons pour aider à la naissance d’une société égalitaire où l’individu puisse se mouvoir librement, sans entrave de la part d’un pouvoir quelconque.
 
Nous combattons l’ordre de choses actuel et tous nos efforts tendront à soulever les individus contre la savante tyrannie et les tracasseries bêtes de nos maîtres, à prêcher la révolte contre les iniquités monstrueuses d’un ordre social qui écrase la plus grande masse de producteurs au profit d’une petite minorité d’oisifs, dont le seul rôle est de vivre du travail des autres.
 
Nous voulons la révolte contre tout ce qui est faux, arbitraire, absurde, inique, contre tout, ce qui entrave le développement normal de contre tout ce qui gêne son évolution vers l’avenir et le progrès.
 
Nous voulons faire comprendre aux ouvriers que c’est leur intérêt aussi bien que leur devoir de ne pas subir les vexations qui les blessent, les dénis de justice qui les exaspèrent ; qu’on ne triomphe pas de son ennemi en se courbant devant lui ; qu’à la force qui nous écrase et nous exploite, nous avons le droit et. le devoir d’opposer la force qui se défend.
 
Oui, nous voulons la révolte complète, sous toutes ses formes et de tous les instants, mais pas la révolte inconsciente qui frappe en aveugle, sous la poussée d’une colère momentanée et tombe soudain une fois l’explosion passée. Nous voulons la révolte consciente, qui sait où elle va et ne désarme devant personne.
 
Convaincus que la révolte ou l’action ne se commande ni ne se conseille, ce ne sera pas à proprement, parler à prêcher la révolte que nous, consacrerons nos efforts, mais à créer des révoltés qui agissent d’eux mêmes et d’après leurs propres aspirations raisonnées.
 
Nous tâcherons de démontrer. toute la pauvreté des arguments sur lesquels on fait reposer la légitimité des institutions sacro saintes, État, patrie, propriété, famille et nous apprendrons à les envisager sous leur véritable aspect.
 
Nous voulons prouver que l’État, avec tout ce qui sort de cette source impure, police, armée, magistrature a pour but de constituer le pouvoir au, profit d’un petit groupe de parasites, de confisquer le travail du plus grand nombre au profit de quelques-uns, de déguiser l’arbitraire sous une apparence de justice et de moralité et de faire durer à jamais (de par la loi), le règne de l’ignorance, de la sottise et de la cruauté.
 
Ardents partisans de l’action et de l’autonomie de l’individu, nous chercherons à provoquer partout l’initiative consciente de l’homme ; niais nous savons aussi que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, qu’il a besoin du concours de tous ses semblables pour étendre son autonomie, qu’il lui faut solidariser ses forces avec d’autres pour combattre et triompher.
 
Nous travaillerons donc de toutes nos forces activer les groupements naturels des mêmes tendances, des mêmes affinités, des mêmes aspirations, certains que loin d’amoindrir notre initiative, nous ne faisons que l’agrandir en associant nos forcés et en les faisant converger toutes vers le même but.
 
Les groupes tels que nous les concevons doivent se former spontanément en vue d’actes de propagande à accomplir, se désagrégeant et se reformant suivant les besoins du moment.
 
La grande force de l’anarchie, c’est que ses adeptes, à l’exception des militants, échappent à tout recensement. Grâce à la tactique anarchiste, tant critiquée par les autoritaires, l’armée anarchiste est une masse anonyme, inconnue que l’on trouve partout, niais que l’on ne parvient à saisir nulle part.
 
De cette façon, en dépit des lois et des gendarmes, nous échappons à l’étreinte de l’État et la Société future se forme petit à petit clans le sein même de la Société présente et malgré elle.
 
Pour mener à bien la tâche que nous assumons, nous comptons sur l’appui moral et matériel (soit en nous envoyant des articles et correspondances, soit par souscriptions et abonnements) de tous ceux qui veillent la fin de l’antique barbarie qui jusqu’à présent n’a fait que changer de nom.
 
LE PLÉBÉIEN.

Remarques sur les fiches

Parutions :

  • n° 1 (1894, 1er avr.)
  • n° 2 (1894, 15 avr.)
  • n° 3 (1894, 29, avr.)
  • n° 4 (1894, 13 mai)
  • suivi par Le Plébéien (1895-1895)

Notes

[1La deuxième série (1895) reprendra pratiquement la même déclaration dans son premier numéro.



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