Bianco : presse anarchiste

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Le Plébéien

journal communiste-anarchiste [puis] sociologie, arts, littérature


Présentation en une du premier numéro (6 janvier 1895) :

A nos amis,
 
Des tracasseries sans nom nous ont forcés interrompre la publication du Plébéien. Nous sommes enfin arrivés à surmonter ces difficultés, et si le public veut bien nous favoriser du même accueil que précédemment, nous paraîtrons hebdomadairement à bref délai.
 
Le Plébéien constituera, comme par le passé, à être une, tribune ouverte à tous les penseurs indépendants, discutant pour le seul amour de la logique et ayant la franchise de traduire leurs pensées en paroles. Du reste, nous n’avons rien à ajouter ni à retrancher à l’article « Notre but », que nous publiions dans notre premier numéro et que nous reproduisons ci-dessous.
 

Notre but

 
L’histoire nous apprend qu’il est inutile de parlementer avec ses oppresseurs. Les suppliants réclament en vain la justice, c’est aux révoltés à la prendre. Nous sommes donc des révoltés.
 
Nous luttons pour aider à la naissance d’une société égalitaire où l’individu puisse se mouvoir librement, sans entrave de la part d’un pouvoir quelconque.
 
Nous combattons l’ordre des choses actuel et tous nos efforts tendront a soulever les individus contre la savante tyrannie et les tracasseries bêtes de nos maîtres, à prêcher la révolte contre les iniquités monstrueuses d’un ordre social qui écrase la plus grande masse de producteurs au profit d’une petite minorité d’oisifs, dont le seul rôle est de vivre du travail des autres.
 
Nous voulons la révolte contre tout ce qui est faux, arbitraire, absurde, inique, contre tout ce qui entrave le développement normal de l’individu, contre tout ce qui gêne son évolution vers l’avenir et le progrès.
 
Nous voulons faire comprendre aux ouvriers que c’est leur intérêt aussi bien que leur devoir de ne pas subir les vexations qui les blessent, les dénis de justice qui les exaspèrent ; qu’on ne triomphe pas de son ennemi en se courbant devant lui ; qu’à la force qui nous écrase et nous exploite, nous avons le droit et le devoir d’opposer la force qui se défend.
 
Oui, nous voulons la révolte complète, se us toutes ses formes et de tous les instants, mais pas la révolte inconsciente qui frappe en aveugle, sous la poussé d’une colère momentanée et tombe soudain une fois l’explosion passée. Nous voulons la révolte consciente, qui sait où elle va et ne désarme devant personne.
 
Convaincus que la révolte ou l’action ne se commande ni se conseille, ce ne sera pas, à proprement parler, à prêcher la révolte que nous consacrerons nos efforts, mais à créer des révoltes qui agissent d’eux•mêmes et d’après leurs propres aspirations raisonnées.
 
Nous tâcherons de démontrer toute la pauvreté des arguments sur lesquels on fait reposer la légitimité des institutions sacro-saintes : État, patrie, propriété, famille, et nous apprendrons à les envisager sous leur véritable aspect.
 
Nous voulons prouver que l’État, avec tout ce qui sort de cette source impure : police, armée, magistrature, a pour but de constituer le pouvoir au profit d’un petit groupe de parasites, de confisquer le travail du plus grand nombre au profit de quelques-uns, de déguiser l’arbitraire sous une apparence de justice et de moralité et de faire durer à jamais (de par la loi), le règne de l’ignorance, de la sottise et de la cruauté.
 
Ardents partisans de l’action et-de l’autonomie. de l’individu, nous chercherons à provoquer partout l’initiative consciente de l’homme ; mais nous savons aussi que l’homme n’est pas fait pour vivre seul, qu’il a besoin du concours de tous ses semblables pour étendre son autonomie, qu’il lui faut solidariser ses- forces avec d’autres pour combattre et triompher.
 
Nous travaillerons donc de toutes nos forces à activer les groupements naturels des mêmes tendances, des mêmes affinités, des mêmes aspirations, certains que loin d’amoindrir notre initiative nous ne faisons que l’agrandir en associant nos forces et en les faisant converger toutes vers le même but.
 
Les groupes tels que nous les concevons doivent se former spontanément en vue d’actes de propagande à accomplir, se désagrégeant et se reformant suivant les besoins du moment.
 
La grande force de l’anarchie, c’est que ses adeptes, à l’exception des militants, échappent a tout recensement. Grâce à la tactique anarchiste, tant critiquée par les autoritaires, l’arme anarchiste est une masse anonyme, inconnue, que l’on trouve partout, mais que l’on ne parvient à saisir nulle part.
 
De cette façon, en délit des lois et des gendarmes, nous échappons à rétreinte de l’État et la société future se forme petit petit dans le sein même de la société présente et malgré elle.
 
Pour mener à bien la tâche que nous assumons, nous comptons sur l’appui amoral et matériel (soit en nous envoyant des articles et correspondances, soit par souscriptions et abonnements) de tous ceux qui veulent la fin de l’antique, barbarie qui, jusqu’à présent, n’a fait que changer de nom.
 
LE PLÉBÉIEN.
Le Plébéien : « une » du n° 1 (deuxième série), 6 janvier 1895

Remarques sur les fiches

Vaux-sous-Olne est un hameau de la commune d’Olne, près de Trooz (province de Liège).

Au moins une brochure est parue :
L’Anarchie en cour d’assises, plaidoirie de Mᶱ Royer. — Ensival, Le Plébéien, 1895, 23 p : 16 cm.

Au moins 2 ouvrages recensés dans le Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones [1].

Parutions (deuxième série) :

  • n° 1 (1895, 6 janv.)
  • n° 2 (1895, 20 janv.)
  • n° 3 (1895, 3 févr.)
  • n° 4 (1895, 17 févr.)
  • n° 5 (1865, 3 mars)
  • n° 6
  • n° 7
  • n° 8
  • n° 9 (1895, 14 avr.)
  • n° 9 [10 ?] (1895, 28 avr.)
  • n° 11
  • n° 12
  • n° 13
  • n° 14
  • n° 15 (1895, 21 juil.-4 aout)
  • n° 16 (1895, 4-18 aout)
  • n° 17 (1895, 18 aout-1er sept.)
  • n° 18 (1895, 1er-15 sept.)
  • n° 19
  • n° 20 (1895, 6-20 oct.)
  • n° 21
  • n° 22
  • n° 23 (1895, 17 nov-1er déc.)
  • n° 24 (1895, 1er-15 déc.)
  • n° 25 (1895, 15 déc.)

Notes

[1

Notice(s) trouvée(s) sur le Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones :
Royer, Émile. — L’Anarchie en cour d’assises, plaidoirie de Mᶱ Royer. — Ensival : Le Plébéien, 1895. — 23 p. ; 16 cm.
Plaidoirie de maitre É. Royer à la cour d’assises de Liège à un procès d’anarchistes (juillet 1892). — Rééd. en 1896, sous le titre Pour l’anarchiste Jules Moineau à La Débâcle sociale qui succède au Plébéien.



Royer, Émile. — Pour l’anarchiste Jules Moineau. — 2e éd. — Ensival : Au bureau de La Débâcle sociale, 1896 [mars]. — 23 p. ; 19 cm.
Plaidoirie de maitre É. Royer à la cour d’assises de Liège à un procès d’anarchistes (juillet 1892). — 1re éd. en 1895 au Plébéien sous le titre L’Anarchie en cour d’assises, plaidoirie de Mᶱ Royer.




Autres 
  • Anarlivres : site bibliographique des ouvrages anarchistes ou sur l'anarchisme en français
  • Cgécaf : Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones