Bianco : presse anarchiste

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Le Réveil de l’esclave

contre l’ignorance, conte la vie laide, contre toute les tyrannies [puis] organe mensuel de propagande, d’éducation et de combat [puis] organe mensuel d’éducation individualiste libertaire



Remarques sur les fiches

Présentation dans le 1er numéro (1er mai 1920) :

Réveiile-toi, esclave !
 
Je ne m’adresse pas aux Esclaves...
 
C’est à l’Esclave individuel, c’est à toi, qui me lis, que je veux parler.
 
Ma voix ne saurait trouver l’oreille des foules. Les foules aiment celui qui les flatte ; elles rampent aux pieds des rhéteurs et des démagogues. Il faut leur dire des mots pompeux, des phrases vides mais ronflantes. Il faut, aux masses, des affirmations tranchantes et péremptoires ; il faut leur dire : « Cela est ainsi ! ». Et elles applaudissent.
 
Mais elles conspuent quiconque parle de réflexion, quiconque propose de discuter, de peser le « pour » et le « contre » Elles détestent les « raisonneurs ». ,Elles les détestent parce-qu’ils leur demandent, au lieu de les bercer de mots, de faire un effort pour penser, un effort pour juger, un effort pour vouloir.
 
Les foules veulent être bercées…
 
Elles veulent demeurer dans l’assoupissement, dans la torpeur, dans l’oubli du réel. Quel que soit l’hymne chanté à leurs oreilles, cantique païen, ritournelle socialiste ou fanfare bondieusarde, les foules aiment les cadences qui qui amusent ou qui font rêver… ou qui font « marcher s, sans savoir où l’on va. C’est à l’individu que je parle.
 

 
Oui, seul l’Individu peut se Réveiller… c’est-à-dire Comprendre, Discerner — et Réagir.
 
Ce n’est que dans l’individu que se trouvent les forces de conscience et d’énergie raisonnées que nous voulons développer.
 
Certes, on peut faire beaucoup des choses avec les foules, mais ce sont de choses sans lendemain. Les œuvres créées par les masses impulsives sont fragiles, inconsistantes, éphémères.
 
La foule est cruelle, elle est lâche. Elle s’emporte comme un enfant gâté. Mais, au plus fort de sa colère, elle se calme, elle fait sa soumission, elle abjure sa révolte d’un moment et se retourne, pour les piétiner, contre ceux qui lui avaient parlé de raison ou d’indépendance.
 
Insensé quiconque espère en la foule pour créer une œuvre harmonique !
 
Foule patriotique ou foule révolutionnaire, c’est toujours le débordement des instincts, la fureur des haines abjectes et des plus vulgaires appétits. Et moins les individus qui les composent sont éduqués, plus les foules sont laides. Au dernier degré de l’abjection des masses, on trouve, en effet, les foules cocardières et revanchardes, les foules superstitieuses et catholiques, la clique dos pèlerins de Lourdes ou des retraites militaires, les croquants de Bretagne conduits par leur sacristain ou les conscrits avinés braillant « Mort à l’Allemagne ».
 
Quant aux foules qui se dressent pour une noble idée, foules qui revendiquent un meilleur monde, foules qui saluent les grands morts ou les […] ignorent, du reste, ou bafouent de son vivant), ces foules, si supérieures qu’elles soient aux hordes qu’électrisent un chiffon tricolore ou que suggestionnent un écœurant Sacré-Cœur ; ces foules, disons-nous, sont grosses d’inconnu… Comme ces nuages adorablement ensoleillés, qui, au printemps, font brusquement place aux orages les plus violents, les foules de l’Idéal humanitaire se transforment trop aisément en cohues stupides, injustes, bêtement massacreuses…
 
Nous le disons sans haine, sans parti-pris, sans nous imaginer être des « sur-hommes » ; nous le disons parce que cela crève les yeux : « les foules sont trop versatiles pour qu’une œuvre de stricte équité puisse être créée par elles ».
 

 
À l’œuvre donc pour faire des hommes !
 
À l’œuvre pour édifier une doctrine sociale vraiment rationnelle et scientifique !
 
Hors des chapelles, des sectes, des partis, des coteries — libère-toi, individu, et viens à nous !
 
Rejette les dogmes, les catéchismes, les formules, les étiquettes (quelles qu’elles soient !). Efforce-toi à devenir un homme, un être conscient, raisonnant, décidant par lui-même, d’après ses propres connaissances, toujours accrues.
 
Pas plus le parti communiste — que le parti socialiste, républicain, royaliste, anarchiste ou syndicaliste, ne peuvent te donner l’émancipation réelle. C’est en marge des systèmes qu’il faut agir, et celui qui reste inféodé à un credo sera toujours un « esclave ».
 
Libère- toi ! Libère-toi ! Libère-toi « jusqu’au bout » !
 
Dans ce journal, on ne t’apportera pas des formules toutes faites. D’ailleurs, nous sommes suffisamment éclectiques pour que tu puisses, en nous lisant, apprécier le « pour, » et le « contre ».
 
N’étant pas des religieux, ni des mystiques, mais des chercheurs affranchis, nous ne serons jamais gênés par la contradiction. Nous ne repousserons, nous ne boycotterons personne, a priori.
 
Si nous trouvons de bonnes choses dans Marx, dans Kropotkine, dans Tolstoï, pourquoi ne le dirions-nous pas ?
 
Mais si nous croyons découvrir dans l’œuvre de ces mêmes réformateurs, des erreurs ou des lacunes, au nom de quel Principe d’obscurantisme et de tyrannie ne la proclamerions-nous pas ?
 
Et si dans l’œuvre d’un « bourgeois » — Leroy-Beaulieu, Maurras ou Clemenceau, peu importe — nous découvrons des vérités, faudrait-il donc nous mettre des œillères et persister à nier l’évidence ?
 
Pourquoi n’aurions-nous pas le droit d’emprunter à Nietzsche au même titre qu’à Jaurès, à Proudhon au même titre qu’à Schopenhauer ou Stirner ?
 
Nous n’avons pas de patrie !
 
Nous n’avons pas de credo !
 
Nous n’avons pas de dieu !
 
Nous ne dépendons d’aucun groupe, d’aucune solidarité imposée, d’aucune méthode collective.
 
Si nous avons répudié les vieux dogmes et vomi les prêtres exécrés, ce n’est pas, assurément, pour en créer de nouveaux !
 
… C’est te dire, ami lecteur, que notre seul souci sera de rechercher la vérité — intégrale et impudique. Tant pis pour les sectaires, de droite ou de gauche.
 
C’est te dire aussi que nous ne prétendons pas t’endoctriner. Nous ne te promettons rien, nous ne t’apporterons rien. Aucun trésor ne surgira de la terre à notre voix et nulle baguette magique ne sera maniée par notre main enchanteresse…
 
Les richesses de volonté et de savoir, c’est en toi qu’il faut les découvrir —et c’est toi seul qui peut le faire. Nous t’y aiderons de notre mieux.
 
Le Réveil de l’Esclave,

Au moins 3 cartes postales parues sous ce nom. Voir sur Cartoliste.

Parutions :

  • n° 1 (1920, 1er mai) - (an 128, floréal)
  • n° 2 (1920, 1er juil.)
  • n° 3 (1920, 1er oct.) — 1re année
  • n° 4 (1920, 1er nov.) — 1re année
  • n° 5 (1920, 1er déc.) — 1re année
  • n° 6 (1921, 1er janv.) — 2e année
  • n° 7 (1921, 1er févr.) — 2e année
  • n° 8 (1921, 1er mars) — 2e année
  • n° 9 (1921, 1er avr.) — 2e année
  • n° 10 (1921, 1er mai) — 2e année
  • n° 11 (1921, 1er juin) — 2e année
  • n° 12 (1921, 1er juil.) — 2e année
  • n° 13 (1921, 1er aout.) — 2e année
  • n° 14 (1921, 1er sept) — 2e année
  • n° 15 (1921, 1er oct.) — 2e année
  • n° 16 (1921, 1er nov) — 2e année
  • n° 17 (1921, 1er déc.) — 2e année
  • n° 18 (1922, 1er janv.) — 3e année
  • n° 19 (1922, 1er févr.) — 3e année
  • n° 20 (1922, 1er mars) — 3e année
  • n° 21 (1922, 1er avr.) — 3e année
  • n° 22 (1922, 1er mai) — 3e année
  • n° 23 (1922, 1er juin) — 3e année
  • n° 24 (1922, 1er juil.) — 3e année
  • n° 25 (1922, 1er aout) — 3e année
  • n° 26 (1922, 1er oct.) — 3e année
  • n° 27 (1922, 1er nov.) — 3e année
  • n° 28 (1922, 1er déc.) — 3e année
  • n° 29 (1923, 1er févr.) — 4e année
  • n° 30 (1923, 1er mars) — 4e année
  • n° 31 (1923, 1er avr.) — 4e année
  • n° 32 (1923, 1er mai) — 4e année
  • n° 33 (1923, 1er juin) — 4e année
  • n° 34
  • n° 35
  • n° 36
  • n° 37 (1924, 1er févr.) — 5e année
  • n° 38 (1924, 1er mars) — 5e année
  • n° 39 (1924, 1er mai) — 5e année
  • n° 40 (1924, 1er déc.) — 5e année
  • n° 41 (1925, 1er janv.) — 6e année
  • n° 42 (1925, 1er avr.) — 6e année


Autres 
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