Bianco : presse anarchiste

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L’Ami du peuple

journal socialiste révolutionnaire, organe de la Fédération liégeoise de l’Association internationale des Travailleurs [puis] journal socialiste-révolutionnaire, organe de la Fédération du bassin de Liège



Liège

Journal socialiste-révolutionnaire, paraissant tous les dimanches. Titre en référence explicite dans le 1er numéro au journal de Marat et à celui de Raspail (1848).

Le titre n’est pas signalé par Jan Moulaert (ni le suivant de 1885 cité, lui, par René Bianco) ; par contre, Micheline Zanatta considère que des anarchistes ont participé à ce journal liégeois comme à celui de Verviers, Le Mirabeau.

Rédaction et adm. : rue de la Madeleine, 3, Liège
puis
Rédaction : rue du palais, 54 ; Liège (chez Victor Mathaiwe)
Administration : à Fayt-les-Manage, chez Fidèle Cornet (Union des métiers), à partir du 1er janvier 1876

Slogans : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant » & « Tout par le travail et rien sans travail »

Le journal est fondé par Th. Vannès, Richard Mahyeu/Mayeu, Victor Mathaiwe et Émile Pierre. Gaspard Chapeau/Chapeaux aurait tenté d’en prendre le contrôle (voir notices Chapeau(x) et Vannès) dans la Maitron.

Collab. :
J. d’Avroy, Luigi Balni (pseud. de Jean-Louis Prosper “Alexis”/“Albin” Jean), Jacques Bonhomme, Br., E.C., Charles Couperet, Cravache, Marie-Thérèse Drugman (vve F. Pilette puis vve Charles-Louis Nicaise), G., Bur Gargal, Georges Lebrenn, V.M. (réponse d’un communiste à A.B.), Em. P (Émile Pierre), Épille Pillius (pseud.), F. Prix, Évariste Sohier (& E.S. ?), Taram, Th. Vannès, Henri Villain (Histoire d’un grain de sel), G.W., E. Zégers (Bruxelles), un révolutionnaire de la veille, un ouvrier hardi, dent d’acier, deux et deux font quatre, un flamingant, …

Collab. extérieures :
Bripon (Paul Robin), César de Paepe, B. Delesalle, Charles Delfosse, Glatigny, Teleforo Martinez Barcelone), Rocher (Suisse), Eugène Steens, …

Feuilletons :
Histoire de l’Inquisition [1872] (Jules Cauvin/Cauvain, 1829-1879) ; Galilée (Le Frondeur) ; Histoire de l’inquisition d’Espagne (M. Llorente, ancien secrétaire de l’Inquisition) ; Blanqui ; Les Hérétiques révolutionnaires-socialistes du XVe siècle (Claude Pelletier) ; …

Éd. :
Richard Mayeu, rue des Brasseurs, 1, Liège
P.-H. Massèra, rue Libotte, 2, Liège
V. Mathaiwe, rue du Palais, 74, Liège
E. Vermeiren, rue Natalis, 29, Liège

La section de Liège de l’AIT a voté contre l’exclusion de Bakounine en 1872. Le journal prend aussi le parti de la Commune de Paris (1871) [1].
Il fait parfois l’apologie Marat et de Blanqui.

Le journal signale dans la liste des journaux socialistes le Bulletin de la fédération jurassienne de l’Association internationale des travailleurs. Des informations en sont repris dans plusieurs numéros.

Sur la « une » du premier numéro (6 juillet 1873)

À nos lecteurs.
 
En nous déclarant l’organe des sections et corporations du bassin de Liège, nos lecteurs seront, croyons-nous, suffisamment renseignés sur la marche que nous nous sommes tracée.
 
Ouvriers manuels, et par ce fait, membres de l’Association Internationale des Travailleurs, et fiers d’appartenir à ce grand corps révolutionnaire qui est le nôtre, et celui pour lequel nous vivons, nous combattons, bravant les persécutions et les calomnies dont nous sommes gratifiés des patrons et des écrivains inféodés.
 
Nous voulons marcher en avant, revendiquer nos droits politiques et sociaux, malgré et contre toute la cohorte dirigeante ; montrer aux organes stipendiés de la bourgeoisie, arguant notre incapacité, notre impuissance à définir nos aspirations, que nous sommes fatigués d’être les serfs modernes ; que les énergumènes de la loi de l’offre et de la demande ne sont, sous un régime de spéculation et de trafic, qu’un infâme mensonge, une injure ajoutée à notre misère.
 
Qu’enfin, voulant sortir de cet état d’assujettissement moral et matériel dans lequel nous végétons, et sachant que la presse, exclusivement entre les mains de nos oppresseurs dans un bassin tel que le nôtre, est le grand levier de démoralisation et de dépravation publique astucieusement semées par nos seigneurs et maîtres, parce que plus nous sommes abrutis, plus nous sommes insouciants, plus nous sommes courbés, plus nous sommes esclaves, et plus nous avons à relever la tête contre le serpent capital qui nous pressure ; nous nous voyons forcé, malgré le peu de capacité littéraire que nous possédons, de renforcer notre propagande régénératrice, faite jusqu’ici de bouche en bouche dans les ateliers, par des conférences et des discussions publiques au dehors ; de renforcer, disons-nous, notre œuvre rénovatrice par la publicité, élément indispensable à la défense de notre cause et à la propagation de nos principes d’égalité et de solidarité. Tâche hardie, pénible et difficile pour nous, mais cependant nécessaire en présence des progrès ascendants du socialisme des autres contrées de l’Europe, et des graves événements politiques qui se passent chez nos voisins.
 
Nous le déclarons donc d’avance, nous n’appartenons pas. à cette catégorie d’hommes de [?], d’érudits et de publicistes, mais [… ?] d’ouvriers [… ?] leur reste après le travail exorbitant, auquel nous sommes forcément soumis par suite de la position qui nous est faite dans la société actuelle.
 
Nos travaux s’adresseront donc spécialement à nos frères les opprimés, sachant que, comme nous, ils préfèrent la traduction de notre langue maternelle (le wallon) aux grands exposés des écrivains qui vendent leur plume à la caste exploitante et despotique, pour ainsi dire incompréhensible pour beau-coup des nôtres.
 
Mais il ne faudrait pas conclure de ce qui précède que nous voulons nous cantonner absolument dans les questions purement sociales et que nous nous abstiendrons des événements politiques et de leurs conséquences (quoique privés de nos droits politiques).
 
Nous nous appliquerons, au contraire, à établir que la politique n’est qu’une forme de socialisme despotique, du socialisme du monopole, et nous analyserons, nous discuterons et nous combattrons les faits politiques au point de vue des intérêts méconnus des classes spoliées.
 
Il va de soi que, dans un semblable ordre d’idées, nous ne repousserons pas les objections et que nous ne reculerons pas devant les critiques d’adversaires sincères et fourvoyeurs.
 
La rédaction.

Remarques sur les fiches

Parutions :
1re année

  • n° 1 (1873, 6 juil.)
  • n° 2 (1873, 13 juil.)
  • n° 3 (1873, 20 juil.)
  • n° …
  • n° ? (1873, 10 aout)
  • n° …
  • n° 10 (1873, 7 sept.)
  • n° 11
  • n° 12
  • n° 13 ? (1873, 28 sept.)
  • n° ? (1973, 2 nov.)
  • n° ? (1873, 9 nov.)
  • n° ? (1873, 28 déc.)
  • 2e année
  • n° 1 (1874, 4 janv.)
  • n° 2
  • n° 3
  • n° 4
  • n° 5
  • n° 6
  • n° 7
  • n° 8
  • n° 9
  • n° 10
  • n° 11
  • n° 12
  • n° 13
  • n° 14 (1874, 5 avr.) — Organe de la Fédération du bassin de Liège
  • n° …
  • n° ? (1874, 21 sept.)
  • n° …
  • n° ? (1874, 22 nov.)
  • n° …
  • n° 51 ? (1874, 24 déc.)
  • n° 52
  • 3e année
  • n° 1
  • n° 2 (1875, 10 janv.)
  • n° 3
  • n° 4 ? (1875, 24 janv.)
  • n° 5
  • n° 6
  • n° 7
  • n° 8
  • n° 9
  • n° 10
  • n° 11 (1875, 14 mars) — « Anniversaire du 18 mars 1871 », 6.000 ex. sur papier teint en violet
  • n° …
  • n° ? (1875, 4 avr.)
  • n° …
  • n° 20 (1875, 16 mai)
  • n° 21
  • n° 22
  • n° 23
  • n° 24
  • n° 25
  • n° 26 (1875, 27 juin) — [redevient] Organe de la Fédération liégeoise de l’Association internationale des travailleurs [biographie de Jean-Paul Marat sur deux pages avec portrait]
  • n° 27
  • n° 28
  • n° 29
  • n° 30
  • n° …
  • n° ? (1875, 22 aout)
  • n° 36
  • n° 37 (1875, 12 sept.) [« organe de … » apparait encore]
  • n° 38
  • n° ? (1875, 21 sept. ?)
  • n° …
  • n° ? (1875, 21 nov.)
  • Almanach de l’Ami du Peuple pour 1876 (articles et des poésies de De Paepe, de Prosper Voglet, d’Eug. Châtelain, de Delesalle (le beau-père de P. Robin), de Victor Mathaiwe, et de P. Robin (pseud. Bripon))
  • 4e année
  • n° 1
  • n° 2
  • n° 3 [(1876, 16 janv.) ?]
  • n° 4 (1876, 23 janv.) — [devient ?] Organe socialiste-révolutionnaire
  • n° 5
  • n° 6
  • n° 7
  • n° 8
  • n° 9
  • n° 10
  • n° 11
  • n° 12 (1876, 19 mars) n° commémoratif « 18 mars 1876 », sur papier violet
  • n° 13 (1876, 26 mars)
  • n° 14 (1876, 2 avr.)
  • n° 15
  • n° 16
  • n° 17
  • n° 18
  • n° 19
  • n° 20
  • n° 21
  • n° 22
  • n° 23
  • n° 24 (1876, 11 juin)
  • n° 25
  • n° 26
  • n° 27
  • n° 28
  • n° 29
  • n° 30
  • n° 31
  • n° 32
  • n° 33
  • n° 34
  • n° 35
  • n° 36
  • n° 37
  • n° 38
  • n° 39
  • n° 40
  • n° 41
  • n° 42 (1876, 15 oct.)

Notes

[1Voir : Zanatta, Micheline. — « La Commune, réalités et mythes dans le milieu liégeois, 1871-1886 » in Revue d’histoire moderne et contemporaine, année 1972, n° 19-2 (numéro thématique « Dimensions et résonances de l’année 1871 »), p. 173-186.
Voir aussi : Zanatta, Micheline. — L’Héritage de la Commune de Paris à Liège, 1871-2021 : 150 ans de transmission d’un événement clé de l’histoire sociale. Les études de l’IHOES : 2021, 88 p.



Autres 
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