Bianco : presse anarchiste

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L’Idée anarchiste

 



Remarques sur les fiches

L’Idée anarchiste. —
Paris. — N° 1 (1924, mars)-n° 13 (1924, nov.)

Sous-titre : provisoirement bimensuelle [puis] bimensuel

Présentation dans le 1er numéro (13 mars 1924)

À nos amis, à nos lecteurs
 
Nous ne sommes l’organe d’aucun parti ; nous ne représentons aucune organisation. Nous n’entendons pas nous enfermer dans le cadre étroit d’un programme tracé et défini. Nous ne voulons obéir à aucune règle, à aucune idée préconçue.
 
Nous n’avons cependant pas l’orgueilleuse prétention de détenir toute la vérité, mais nous venons simplement exposer, proposer et soumettre au libre examen et à l’intelligente critique toutes les idées rationnelles et logiques, se réclamant de l’Anarchisme.
 
Nous estimons devoir situer cette propagande sur tous les plans.
 
1° Intellectuel et moral. – Satisfaire l’irrésistible besoin que ressent tout être conscient de comprendre, de savoir afin de se libérer de tout dogme, de tout enseignement d’école, indispensables prémices d’un avenir meilleur ;
 
2° Social et économique. – Sans perdre nos efforts et ternir la beauté de notre idéal en ambitieuses et vaines querelles de sectes ou de chapelles, mais dans l’unique but de préparer les individus à une vie plus saine et plus libre, hors de toute formule arbitraire et de toute forme autoritaire.
 
Inviter les êtres sincères à la réflexion, à l’étude, à la compréhension de tous les problèmes moraux et sociaux, telle est notre unique ambition, car nous sommes convaincus que seuls les individus conscients et réfléchis seront capables de réaliser ce noble espoir, le nôtre :
L’Individu libre en un milieu libre.
L’Anarchie
 
…..
 
Ainsi que l’indique l’exposé ci-dessus, notre intention est de nous atteler sérieusement à une besogne d’éducation et de documentation anarchistes.
 
Pour ce faire et depuis près de six mois, un groupe de camarades s’est constitué et a réussi, après bien des efforts, à lancer ce numéro.
 
Notre journal ne fait pas double emploi. C’est parce que sérieusement nous avons pensé qu’une lacune restait à combler, que nous avons fondé une nouvelle tribune où, librement, tous les points de vue, toutes les tendances de l’anarchisme, pourraient s’exprimer – étant bannies les questions de personnalités ou de boutiques.
 
Le libre examen et la libre discussion y auront seuls droit de cité.
 
Nous espérons que nos intentions seront comprises des camarades qui nous liront et qu’ils se rendront compte des difficultés matérielles qui restent à surmonter pour mener à bien une telle œuvre.
 
L’avenir nous démontrera si notre organe répond à un besoin.
 
Si oui, nous ne doutons pas que tous ceux que notre effort intéresse auront à cœur d’apporter leur concours moral et leur appoint pécuniaire, en nous adressant dès maintenant abonnements et souscriptions, et en diffusant l’Idée Anarchiste.
 
Louis Anderson, Barras, Bott, Content, Digo, Dubreuilh, Guérin, Gutesman, Haussard, J. Hérache, Jeanson, Maillard, Mollot, Nadaud, Nicol, Plaisance, Saintomer, Soubervielle, Stevens, Eugène Tranchet, Veber.

Parutions :

  • n° 1 (1924, 13 mars)
  • n° 2 (1924, 27 mars)
  • n° 3 (1924, 10 avr.)
  • n° 4 (1924, 14 avr.)
  • n° 5 (1924, 8 mai)
  • n° 6 (1924, 22 mai)
  • n° 7 (1924, 5 juin
  • n° 8-9 (1924, 10 juil.)
  • n° 10-11 (1924, 13 aout)
  • n° 12 (1924, 12 sept.)
  • n° 13 (1924, nov.)

Un éditorial du dernier numéro (le n° 13 du 15 novembre 1924)

Après deux mois…

Il nous faut, avant toute chose, nous excuser, auprès de nos amis, lecteurs et abonnés, du retard qu’a subi L’Idée anarchiste dans sa parution. En effet, faute de fonds, voilà deux mois qu’aucun numéro n’était paru. Et peut-être, celui-ci sera-t-il le dernier si tous ceux, amis ou abonnés qui, en des centaines de lettres, nous ont manifesté leur confiance ou prodigué leurs encouragements, ne nous viennent rapidement en aide.

Quoique d’aucuns aient pu s’étonner de nous voir continuer un effort qui — il n’y a nulle honte pour nous à l’avouer — n’avait pas donner tous les résultats que nous étions en droit d’en attendre, nous persistons à croire que ce libre journal — au sens exact du terme — a plus que jamais sa place dans le mouvement anarchiste de ce pays. Car, sans fausse modestie, nous pouvons bien dire que L’Idée anarchiste peut soutenir sans désavantage la comparaison avec les autres publications de même genre.

Face à l’intense désarroi moral né de la guerre, et qui, au travers des individus atteint peu ou prou tous les concepts sociaux, nous assignons une haute valeur morale à ce sublime idéal que ce journal prétend servir.

Mais estimant, que toute vérité a des aspects multiples et différents pour chacun, et que l’anarchisme se saurait sans déchoir être le reflet d’une seule tendance, nous entendons demeurer en dehors de tout parti forcément arbitraire et ne pas subordonner la libre discussion de toutes les opinions se réclamant de l’anarchisme à telle ou telle branche de cette philosophie sociale ?

En conséquence, et suivant la ligne de conduite que nous nous étions fixée quand nous lançâmes ce journal, L’Idée anarchiste demeure l’organe de tous ceux qui ont quelque chose à dire, pourvu que le caractère de meurs écrits ne revête aucune forme injurieuse à l’égard de n’importe quelle personnalité, les sottes disputes de boutiques ou d’individus étant rigoureusement bannies.

Que tous ceux donc à qui ce journal plait et qui se sont déclarés ses amis, nous le fassent savoir autrement que par de bonnes paroles !

Qu’ils fassent mieux connaître L’Idée anarchiste !

Qu’ils récoltent des abonnements !

Qu’en province ou même à Paris, des camarades constituent des dépôts du journal ; qu’ils le répandent dans les meetings, conférences, etc.

Et enfin, puisque c’est toujours là qu’il faut en venir, que la souscription soit mieux alimentée !

Autant que quiconque, nous répugnons à ces éternels tapages, mais il nous faut bien en arriver là puisque la vente et les abonnements ne suffisent pas à couvrir les frais. L’Idée anarchiste n’ayant pas été fondée par un vain souci journalistique, nous avons la ferme volonté de continuer l’œuvre entreprise, mais nous ne pourrons assurer un prochain numéro que lorsque les frais de celui-ci seront couverts.

Nous avons l’audace de croire que notre idéal ne gagnerait rien à notre disparition et nous vous demandons instamment, amis lecteurs, de faire en sorte que subsiste : L’Idée anarchiste.

Le groupe de l’I.A.

Bilan au n° 13
 Recettes
Abonnements 78,85
Réabonnements 186,00
Réglements et cente au n°  277,00
Cotisations du Groupe de l’IA 200,00 1.137,30
Dépenses
Déficit en caisse au n° 12 196,30
Imprimerie et expédition 748,50
Remboursement Digo et Maillard 50,00
Frais généraux 40,40 1.035,20
Reste en caisse 102,10
Dû à Digo 260,00
Dû à Maillard 70,00
Dû à X… 500,00 830,00
Déficit au n° 13 727,90


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