Bianco : presse anarchiste

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Spartacus

 



Paris ; Issy-les-Moulineaux

4 p.

Slogan à partir du n° 2 : « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes »
Contribution aux frais : 0,50 F

Adresse :
Rédaction : 67, bld de Belleville, Paris XIe, n° 1 à 3
puis 24, rue Émile-Zola, Issy (Seine), n° 4 et 5

Imprimerie :
Société nouvelle d’éditions franco-slaves (32, rue de Ménilmontant, Paris 20e), pour les numéros 1 à 3
puis
Imprimerie spéciale de Spartacus, 24, rue Émile-Zola, Issy (Seine), pour le n° 2
puis 32, rue de Ménilmontant, pour le n° 5

Responsable-gérant :
André Prudhommeaux (n° 1 à 3) puis Dominique Attruia (n° 4 et 5).
Proches du conseillisme, tous deux participèrent ensuite à la presse anarchiste. Le second se convertira par la suite au catholicisme. Le premier, lui, venait de quitter la revue marxiste ouvriériste dissidente du « bordiguiste » de Michelangelo Pappalardi L’Ouvrier communiste (1929-1931) en mauvais termes [1].

Collaborateurs :
Un travailleur de l’Exposition [coloniale], André Prudhommeaux, un jeune, groupe Spartacus, R. Muller, J.C., F.H., Vico, Dominique Attruia, Jean Dautry, …

Autres textes ou citations :
Rosa Luxembourg, Karl Liebknecht, Lénine, Pannekoek, Rhillon (repris du Libertaire), Manifeste des insurgés de Kronstadt (7 mars 1921), …

Quelques titres d’articles : « L’anarchisme est-il une utopie ? », « Kropotkine, anarchiste-moraliste ».


Remarques sur les fiches

En entête du 1er numéro : « Ouvrier, camarade, si l’émancipation de ta classe t’intéresse avant toutes choses lis ce journal. S’il choque ta pensée, il te forcera à l’approfondir. Anarchiste, communiste ou sans parti. Le capitalisme menace déjà chacun de nous dans son existence. L’heure est proche où les intérêts de tous les ouvriers se rejoindront dans la révolution. »

Parutions :

  • n° 1 (1931, mai)
  • n° 2 (1931,1er juin)
  • n° 3 (1931, 1er juil.)
  • n° 4 (1931, 1er aout)
  • n° 5 (1931, oct.)

Notes

[1Voir l’article vengeur « Prudhommeaux et sa femme ont f… le camp, tant mieux » dans le n° 13 et dernier du journal (janv. 1931), le seul article qui ne soit pas en italien dans les deux derniers numéros de cette revue.

André Prudhommeaux et son appendice conjugal ont donné leur démission des Groupes Ouvriers Communistes. Naturellement nous n’avons pas essayé de les retenir, et même quand ils ont essayé de se raccrocher aux groupes, prétendant que leur démission leur avait été arrachée, nous les avons priés d’aller se promener. Prudhommeaux avait été gérant de notre journal lOuvrier Communiste même avant d’être admis dans le groupe, où il avait été accueilli avec des conditions précises, c’est-à-dire de ne pas jouer les déserteurs de classe, mais de devenir réellement un déserteur de la couche non prolétarienne, d’où il avait origine. Mais Prudhommeaux pensait évidemment que ce sont là des choses qu’on dit, mais qu’on ne fait pas. D’ailleurs, il estimait être une forte tête, tant c’est vrai, qu’accablé de fatigue, dit-il, par le travail matériel de jour et le travail spirituel (pas tant que ça !) de la nuit ; il trouvait moyen de faire toujours la grasse matinée. Naturellement, puisqu’il se croyait un phénix (il se croit encore tel !), il a voulu faire revivre la politique de chef dans nos groupes. Il a commencé par vouloir avoir des initiatives exclusives et des privilèges ; souvent il a modelé notre journal à sa façon ; il a gardé des rapports avec sa famille, que nous ne pouvions jamais contrôler, et qui étaient d’autant plus suspects que Prudhommeaux père [Jules Prudhommeaux (1869-1948] est un personnage très huppé dans les milieux de la Ligue des nations. Naturellement, l’argent qu’il recevait de ses parents, son intimité avec ces derniers, tout cela justifiait nos méfiances à son égard, méfiances qui l’aurait, dit-il, poussé aux démissions, méfiances qu’un révolutionnaire aurait dû plutôt chercher à dissiper par son attitude.
Dernièrement, il avait encore projeté de faire un voyage de plaisir en Allemagne, aux frais de sa famille. Nous aurions dû le mettre à la porte dans cette circonstance ; mais nous avons eu à son égard une dernière faiblesse : celle de l’envoyer là-bas pour le compte des groupes, en l’invitant à ne pas demander d’argent à ses parents. Mais, malgré sa promesse, il est allé également taper son papa.
Il nous écrit que c’est là une infâmie ! En effet, c’en est une, et très grave ; mais il oublie que lui-même a été obligé de l’avouer. La publication de la brochure « Réponse au camarade Lénine » a été l’occasion d’une dernière saloperie de sa part. Le groupe avait projeté de publier cette brochure exclusivement sous sa responsabilité. Prudhommeaux lui-même nous avait fait un cliché de la couverture, que nous possédons encore. Il a publié la brochure sous la responsabilité de sa librairie, dans le but de devenir éditeur et de se faire de la réclame.
Cette dernière affaire nous l’a démasqué complétement : elle nous l’a révélé comme l’homme de la petite bourgeoisie intellectuelle, qui veut se faire un nom sur le dos de la classe ouvrière. Mais, évidemment, Prudhommeaux avait rencontré cette fois-ci des ouvriers qui ne se laissent pas et ne se laisseront pas faire.
Et que cette leçon puisse servir aussi ceux qui auraient envie de faire une semblable expérience sur notre dos.


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